Ils représentent 3 % de la population et détruisent 90 % de leur
entourage. Eux, ce sont les manipulateurs pervers. Ou vampires
affectifs. Le manipulateur pervers repère sa proie, l’observe, l’aborde,
la séduit [sous des apparences trompeuses], l’envoûte, la possède, la
contrôle,... Ce n’est qu’une fois qu’elle est sous son emprise, sous sa
domination, qu’il se dévoile et montre son vrai visage. Celui d’un
illusionniste de haut vol, colérique, malveillant, narcissique, cruel et
destructeur. Malheureusement, il est déjà trop tard. La proie,
envoûtée, ne se rend compte de rien. Le processus de dépendance a
commencé. Le calvaire aussi...
Le manipulateur pervers est avant tout un narcissique, au sens
psychiatrique du terme. Il entre donc dans la catégorie des
personnalités pathologiques, au même titre que les paranoïaques, les
schizoïdes ou les psychopathes. Comme tout bon narcissique qui se
respecte, le manipulateur pervers s’aime et n’émet aucun doute quant à
sa valeur supérieure, hors du commun. Il se prétend différent, unique.
Pense faire partie de l’élite, des "survivants". Pour cet être
égocentrique, se remettre en cause est tout simplement impensable.
L’empathie ? Impossible pour un narcissique. L’autre, quel qu’il soit,
n’a aucune valeur. Il/Elle n’existe pas. Sauf, bien entendu, comme
‘faire-valoir’...
Existe-t-il une prédisposition, une
sorte de propension innée à rencontrer un manipulateur pervers ? La
réponse est "oui". Rappelons-le, le manipulateur pervers est avant tout
un vampire affectif qui se nourrit d’énergie vitale. Il aime donc les
femmes joviales, tolérantes, patientes et généreuses. Pleines de vie.
Prêtes à tout donner par amour (dépendance ?), sans jamais rien recevoir
en retour. Naïves, aussi, de préférence. Cela lui évite de trop se
fatiguer. Le manipulateur observe longuement sa proie avant de
l’approcher. Elle se sent seule, elle a envie de tomber amoureuse et… il
en profite ! Les femmes qui le font fuir ? Les "sûres d’elles", les
"exubérantes", les "dominantes". Les "vraies dépressives" aussi. A quoi
bon, il ne pourrait rien en retirer de toute façon. La proie idéale ?
Une jeune femme souriante, ayant une propension à la culpabilité, à la
dépendance amoureuse et au manque de confiance en soi… encore sous le
coup d’une rupture, d’un décès ou d’un autre événement traumatisant. Du
pain béni pour notre manipulateur pervers qui, arborant son plus beau
(faux) sourire, viendra à la rescousse de la malheureuse. Elle pensera
avoir rencontré LE prince charmant. Lui jouera son rôle de Messie à
merveille. Car le manipulateur pervers est un bon acteur. Un très très
bon acteur...
Le portrait robot de la parfaite victime, de la "fille à pervers" ayant été dressé dans le post précédent, nous pouvons passer au tortionnaire. Au bourreau. Qui est le manipulateur pervers ? A quoi ressemble-t-il ? Existe-t-il des signes distinctifs qui nous permettent de l’identifier à coup sûr ? Je ne sais pas moi : des canines saillantes, un teint blafard, des yeux injectés de sang, une voix railleuse d’outre-tombe, … Et bien, non. Absolument pas. C’est même tout le contraire. En société [qu’elle soit réelle ou virtuelle], le manipulateur pervers est un être charmant, doux, timide, cultivé, ... AFFABLE ! Typiquement, le "bon gars" qu’on apprécie pour se discrétion, sa cordialité, sa gentillesse et sa serviabilité. Ah, c’est qu’il est serviable le manipulateur pervers. Et altruiste avec ça. Il aide à tout bout de champ. Toujours là pour faire plaisir ou rendre service. Sourire mielleux, regard fuyant [ah, cette timidité maladive tout de même !] et bouche en cœur. Les femmes le trouvent différent… SI sensible… SI compréhensif. "Et puis vous avez vu comme il a l’air fragile, vulnérable, inoffensif." Un vrai petit enfant de chœur qui séduit aussi bien qu’il détruit. Mais ça, vous ne le découvrirez que plus tard, en coulisses, hors scène, hors projecteurs. Dans l’intimité, une fois qu’il aura exercé son emprise sur vous, le monstre s’avérera non seulement polymorphe, mais également sanguinaire. Injustement, le reste de l’univers continuera à le trouver exemplaire...
Le manipulateur pervers est d’une prévisibilité crasse ! Ca en est presque affligeant. Rappelez-vous : il porte un masque pour attirer l’attention de sa victime, la met en confiance via un savant jeu de rôle et la séduit par le biais d’apparences trompeuses. Mais tout cela, vous le saviez déjà. Venons-en au clou du spectacle : la transformation. Là aussi, le scénario est [pitoyablement] récurrent. Un jour, l’imposteur se dévoile… montre son vrai visage. D’un coup, comme ça, sans prévenir. Et oui mesdames, en plus d’être illusionniste, le manipulateur pervers est… prestidigitateur ! La métamorphose est rapide et suit le plus souvent une prise d’engagement de la part de la victime. La preuve concrète pour le manipulateur pervers que sa domination est effective et que, donc, la séduction n’a plus lieu d’être. Pour les plus chanceuses, ce changement radical de comportement apparaîtra rapidement, au lendemain du premier baiser ou de la première nuit. Les autres devront se montrer patientes et attendre un déménagement, des fiançailles ou un mariage. Voire même une naissance ! La transformation est alors aussi fulgurante qu’inattendue...
Voici donc notre manipulateur pervers au mieux de sa forme [froid, rigide, distant, hostile, méprisant] bien décidé à vous vider de votre énergie vitale. Il adopte alors ce que j’appelle la stratégie de l’aigre-doux. Pour mieux vous décontenancer [fragiliser - affaiblir - paralyser], le manipulateur pervers mise sur l’ambivalence. Une valeur sûre ! Il alterne avec habilité phases de destruction et de séduction. En agissant de la sorte, il fait naître une dépendance affective [celle-là même qui, un jour, vous fera tolérer l’intolérable]. Progressivement, vous finissez par perdre tout repère, tout contrôle, tout esprit critique. Un semblant de gentillesse et, BINGO, vous faites table rase du passé et pardonnez la froideur, le mépris, l’humiliation. Au moindre signe de tendresse, vous rampez ! Ainsi, jour après jour, le manipulateur pervers renforce son emprise et resserre le lien de dépendance. Le plaisir qu’il tire à vous déstabiliser, à vous dominer, à vous maîtriser est jouissif. Ce qui fait courir un manipulateur pervers ? Le sentiment de contrôle, l’impression de [toute] puissance...Je sais ce à quoi vous pensez : qu’est ce qui peut motiver une femme à se laisser pourrir l’existence par un homme qui n’en vaut pas la peine [voir post précédent] ? Excellente remarque ! Je l’attendais. Et bien, c’est là que réside tout le savoir-faire du manipulateur pervers. Le bougre [malin singe de surcroît] ne se limite pas à déstabiliser l’autre en affichant des comportements contradictoires. Il va un pas plus loin dans la perversité. Pour aliéner sa proie, l’affaiblir et la rendre plus dépendante encore, le manipulateur pervers inverse la situation. Elle lui reproche sa froideur ? Il lui rétorque habilement que c’est à cause de son attitude des derniers jours ! Elle lui fait remarquer qu’il n’est jamais là quand elle a besoin de lui ? Il lui répond qu’elle devrait apprendre à mieux formuler ses demandes ! Elle regrette qu’il ne vienne pas la voir plus souvent ? Il lui reproche de ne pas lui avoir fait sentir qu’il était le bienvenu ! En rejetant systématiquement la faute sur l’autre, le manipulateur pervers installe le doute, la confusion. Un processus d’autodépréciation se met alors en place chez la victime. Lui, pendant ce temps, se délecte. Il observe le naufrage, regarde l’autre s’engluer dans la culpabilité et en tire un plaisir jouissif...
La question que tous se posent : le manipulateur pervers est-il conscient de son sadisme ? Aussi étonnant que cela puisse paraître, la réponse est… NON ! Lors de mes nombreuses recherches, j’ai été abasourdie de constater qu’il n’existait aucun témoignage de manipulateurs pervers. Des témoignages de victimes, oui ! Mais de manipulateurs pervers, non. Rien. Nada. Ce n’est pas compliqué : le manipulateur pervers n’a tout simplement pas conscience de sa perversité. Son "truc" ? Rendre l’autre responsable de tout ce qui lui arrive. Pourquoi éprouverait-il des remords à vous détruire, alors que tout est votre faute ! En inversant la situation, en se positionnant comme victime, il se déresponsabilise et échappe ainsi à la culpabilité [le tout, inconsciemment !]. Certains manipulateurs pervers vont même jusqu’à mettre en place ce qu’on appelle un processus de projection : c’est ainsi qu’ils vous reprocheront [en toute sincérité et sans le moindre scrupule] ce qu’ils font eux-mêmes. Vous tromper ou vous mentir, par exemple. Continuons sur notre lancée et allons un pas plus loin dans la perversité : il n’est pas rare que le manipulateur pervers suscite inconsciemment chez l’autre un comportement agressif ou violent afin de pouvoir l’en accuser par la suite et renforcer sa position de victime. Hallucinant !
Pourquoi est-il si difficile de quitter un manipulateur pervers ? La réponse est simple : parce qu’il ne vous laisse pas partir. En effet, si il y a bien une chose que le manipulateur pervers ne supporte pas, c’est que sa proie lui échappe, se dérobe. Dans ce cas, il fait tout pour la récupérer. Coûte que coûte. Les techniques mises en place sont diaboliques et visent principalement le talon d’Achille de la victime, à savoir la culpabilité et la dépendance*. Il lui dira également qu’il l’aime. Il lui répétera souvent. Il pleurera aussi. Beaucoup. C’est qu’il se sent perdu sans plus personne à dominer, à sadiser, à humilier. A ce propos, insistons sur le fait que, dans tous les cas de figure, c’est la victime qui prend l’initiative de la rupture. Jamais l’inverse. Tout simplement parce que [en bon vampire affectif] le manipulateur pervers a besoin de sa dose d’énergie vitale. Mais aussi parce que l’avantage d’être quitté, c’est qu’on s’attire la sympathie et le soutien de son entourage. Pour réussir à se débarrasser définitivement d’un manipulateur pervers, il faut faire preuve de ténacité, se montrer forte, intransigeante et insensible. Et, croyez-moi, il en faut des tentatives de rupture pour y parvenir... Et quand il quitte c'est parce qu'il a trouvé une nouvelle proie...
Pour le plaisir, quelques signes extérieurs de manipulation perverse. Je dis bien pour le plaisir car ces traits de caractère sont à ce point récurrents chez les manipulateurs pervers, que ça en devient presque… caricatural !
Le manipulateur pervers est une machine. Il en a la froideur, la rigidité. Il est glacial, distant et rarement détendu.
Le manipulateur pervers est réfléchi et ne laisse aucune place à la spontanéité.
Le manipulateur pervers est calculateur. Il calcule tout, tout le temps.
Le manipulateur pervers parle beaucoup d’argent. Il est toutefois avare et profiteur.
Le manipulateur pervers se trouve beau. Il aime s’admirer et s’extasier sur la perfection de son physique.
Le manipulateur pervers est jaloux et envieux. Votre supériorité lui est insupportable. Il n’hésite toutefois pas à utiliser la flatterie pour mieux vous manipuler.
Le manipulateur pervers est moralisateur. C’est un donneur de leçons. Il sait tout, mieux que tout le monde.
Le manipulateur pervers est atteint de mégalomanie. Il s’invente des projets d’avenir qui, le plus souvent, ne verront jamais le jour.
Le manipulateur pervers est rarement à la hauteur de ses ambitions.
Le manipulateur pervers n’a pas de vrais amis.
Le manipulateur pervers ne supporte pas avoir tort.
Le manipulateur pervers juge, critique et dévalorise constamment son entourage. Il aime montrer du doigt les faiblesses et les défauts d’autrui. Les membres de sa famille n’échappent pas à la règle [au contraire].
Le manipulateur pervers est susceptible et ne tolère aucune moquerie. Sous peine de colère.
Le manipulateur pervers est intransigeant.
Le manipulateur pervers est un insatisfait chronique.
Le manipulateur pervers est pessimiste de nature. Il aime toutefois préciser [je cite] qu’il n’est pas un pessimiste mais un optimiste qui a compris. Cela accentue sa soi-disant différence.
Le manipulateur pervers adore jouer la victime et se faire plaindre. Il souffre en permanence de l’injustice, de la bêtise humaine et du manque de reconnaissance.
Le manipulateur pervers ment. Et il ment bien.
Le manipulateur pervers est lâche, peureux et fuit devant ses vrais ennemis.
Le manipulateur pervers aime faire miroiter, promettre. Sans suite.
Le manipulateur pervers manie l’art du sarcasme et de l’humour grinçant. Dans un seul but, vous humilier.
Le manipulateur aime vous blesser par le biais de plaisanteries vulgaires ou déplacées.
Source : Pervertus
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